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La plus ancienne preuve qu'on tirait de l'huile d'olive à Nyons est une meule à huile du Ier siècle, de l'époque gallo-romaine, retrouvée lors de fouilles dans la ville. Le cahier des charges de l'AOP rapporte que ce sont les Phéniciens, puis les Grecs, qui auraient appris aux habitants des bords de l'Eygues à cultiver la vigne et l'olivier, et que Nyons tiendrait son nom, selon une vieille tradition, d'un comptoir grec appelé Noïomagus. Certains oliviers de la région ont environ mille ans.
Une meule à huile gallo-romaine, plus ancien vestige oléicole retrouvé à Nyons.
Malgré des gels réguliers, l'olivier tient une place prépondérante dans le Nyonsais et les Baronnies.
Un million d'oliviers recensés dans le secteur.
Le grand gel ravage la plupart des oliveraies. La vigne prend la place de l'olivier sur beaucoup de parcelles.
Création du Syndicat de l'olive de Nyons et des Baronnies, pour relancer l'oléiculture.
Naissance de la Confrérie des chevaliers de l'olivier.
Le tribunal de Valence reconnaît une appellation d'origine et une aire délimitée.
Décret de reconnaissance en AOC de l'huile d'olive de Nyons et des olives noires de Nyons, premières AOC oléicoles de France.
Enregistrement en appellation d'origine protégée (AOP) au niveau européen.
Sources : cahier des charges de l'AOP Huile d'olive de Nyons ; Syndicat de l'olive de Nyons et des Baronnies, « Histoire et dates clés » ; INAO.
Selon le syndicat de l'appellation, l'oléiculture joue un rôle prépondérant dans le Nyonsais et les Baronnies du XVIIe au XIXe siècle, malgré des gels réguliers. Le cahier des charges rappelle que l'huile et les olives servaient alors à payer taxes et dîmes. En 1700, lors d'un recensement, les habitants de Buis-les-Baronnies se plaignaient de ne pas avoir assez d'huile pour payer leurs charges, malgré leurs nombreux oliviers.
Au début du XXe siècle, le secteur compte un million d'oliviers. L'olivier recule ensuite, concurrencé par les huiles de graines et frappé par les gels de 1929, de 1956 et de 1985. Celui de février 1956 ravage, selon le cahier des charges, 80 % des oliveraies ; le syndicat parle de « plus de la moitié du verger ». Beaucoup de parcelles passent à la vigne, et l'olivier devient une culture d'appoint.
Ces pertes poussent les producteurs à s'organiser : le syndicat est créé en 1957, la Confrérie des chevaliers de l'olivier en 1964, et des fêtes comme les Olivades, l'Alicoque ou la fête de l'olive piquée défendent la tradition. Le 24 avril 1968, un jugement du tribunal de Valence reconnaît une appellation d'origine et une aire délimitée.
Le décret du 10 janvier 1994 reconnaît l'appellation d'origine contrôlée pour l'huile d'olive de Nyons et pour les olives noires de Nyons, les premières AOC oléicoles de France. L'enregistrement européen en appellation d'origine protégée suit en 1996, selon l'INAO (la coopérative Vignolis écrit 1997). Le nom « huile d'olive de Nyons » est depuis réservé, dans toute l'Union européenne, à l'huile produite selon le cahier des charges dans l'aire de l'appellation. Les règles sont sur la page l'AOP Nyons.
Nyons est la première appellation oléicole de France, pas d'Europe. En Espagne, l'huile de Les Garrigues a été reconnue en appellation d'origine par un arrêté du 28 octobre 1975.
| Appellation | Première reconnaissance |
|---|---|
| Huile d'olive de Nyons | 1994 |
| Huile d'olive de la Vallée des Baux-de-Provence | 1997 |
| Huile d'olive d'Aix-en-Provence | 1999 |
| Huile d'olive de Haute-Provence | 1999 |
| Huile d'olive de Nice | 2001 |
| Huile d'olive de Nîmes | 2004 |
| Huile d'olive de Corse, Oliu di Corsica | 2004 |
| Huile d'olive de Provence | 2007 |
| Huile d'olive du Languedoc | 2020 |
Source : France Olive, interprofession, « L'huile d'olive en France », édition 2025. Les dates sont celles de la première reconnaissance en France.
Le syndicat compte 220 000 oliviers et une production moyenne de 250 tonnes d'huile par an. L'huile de Nyons figure à l'inventaire du patrimoine culinaire de la France, publié en 1995 pour la région Rhône-Alpes par le Conseil national des arts culinaires. À Nyons, le musée de l'Olivier se visite à l'espace Vignolis, place Olivier de Serres, et la Maison des huiles d'olive et olives de France, place de la Libération, accueille expositions et ateliers, notamment pendant les Olivades. Pour voir des moulins, voir visiter un moulin à Nyons.
Photo du bandeau : INRA, Jean Weber, 2007, moulin à huile du XVIIIe siècle à Nyons, licence CC BY 2.0.